Vous voulez savoir ce qui est vraiment déstabilisant?
C'est accumuler des années de complications, de malheur et de problémes, de toujours en sourire et d'en ressortir brisée. De se reconstruire et d'en ressortir vainqueur. Pour un jour se rendre compte que l'on s'est trompé.
On ne ressort pas vainqueur de cette situation. Avoir été un jouet n'est jamais une chose à prendre à la légére, et on ne doit pas en sous éstimer les conséquences. J'aurais pû être comme les autres une fille qui rêvais d'amour et d'avenir, comme ces filles qui ont des histoires avec ou sans lendemain, pour se construire, se trouver, et le trouver, lui. Mais je suis du rang des filles qui se mettent en danger.
Pourquoi?
Pourquoi boire à s'en rendre ridicule et dangereuse, à en perdre des amis et sa cridibilité, se dignité? Pourquoi cette recherche du type qui me ferait encore plus de mal? Pourquoi ce tel besoin de se jeter dans la gueule dans la gueule du loup?
Je suis partagée entre cette partie de moi, la partie "Femme", la partie un peu prétencieuse de la fille qui a totalement confiance en elle et qui n'a peur de rien ni personne. Et puis il y a la femme-enfant (ou plutôt la grande enfant) qui ne mourra jamais, celle qui rêve d'Alice au Pays des Merveilles, la tête pleine d'arc-en-ciel et d'illustrations psychédéliques. Et enfin, il y a l'autre, la partie qui ne se révéle que seule, qui ne se dévoile qu'en face de ce (et ceux) qui lui fait peur. Une fois qu'on ôte la carapace. Tout le monde n'est pas donné de la découvrir, et bien des personnes s'en moquent royalement. Les gens mettent beaucoup de côté cette partie là, privilégiant mon côté hautain. Il est plus simple de souligner mes innombrables défauts, de m'en coller d'autres qui m'iraient bien mais que je n'ai pas.
On ne fait pas attention à la partie fragile et dangereuse, dangereuse pour moi et moi seule. Oui, bien des gens s'en moquent, parce-qu'aprés tout, il n'y qu'à moi qu'elle peut nuire cette partie là. C'est celle qui me guide vers les mecs dangereux, qui tient les bouteilles en tout genre et fantasme devant le vide. Et si certains se forceraient à regarder autrement dans mes yeux, ils l'apercevraient peut être. C'est bizarre et troublant de voir qu'un inconnu peut être capable, en quelques heures, de cerner, décortiquer et faire ressurgir ce qu'on s'empresse de cacher bien au fond de sa tête, dans un coin perdu et poussiéreux de son crâne, là où presonne n'aurait l'idée de chercher et où il ne nous viendrait pas d'aller fouiller.
J'ai cru avoir surmonter tout ça, et cet événement là qui remonte à 3 ans, je pensais qu'en faisant mine de rien, tout ça passerait comme un petit probléme quelconque. J'ai pensé qu'il n'interférerais pas sur ma vie future.
Aujourd'hui, à 18 ans, j'ai peur des hommes, j'ai peur du sexe, et je me jette à bras ouverts et corps perdus vers ceux qui pourraient en profiter sans se soucier de mon état. Baiser bourrée, baiser pour baiser? Non, même pas baiser pour le plaisir, baiser pour se faire mal et pour se conforter dans l'idée que je ne suis ni plus ni moins qu'une merde et qu'un objet. Si c'est comme ça qu'on m'a perçu, alors c'est comme ça que je dois être. C'est ma vision des choses, et je ne pense pas être de celles qui pourraient ou mériteraient le petit cocon confortable de l'amour protecteur et bénéfique.
Je croyais qu'être la putain d'une nuit ne me gênerais pas et que ça pourrait me plaire. Maintenant je me rends compte que je cherche juste à me détruire et me dégôuter. Et la fraction de seconde avant l'acte est parfois celle de la raison, souvent celle de la peur, toujours celle du souvenir. Je devrais pourtant accépter l'idée que j'ai le droit d'être heureuse. Je devrais être flattée quand un mec me désire. Mais ça me dégôute, ça me fait peur, ça m'angoisse. Et je fuis. Je fuis et parfois j'en ai raison. et parfois, je fuis les bons, les personnes qui pourraient me guérir, ceux qui pourraient m'aider. Mais je me dirige vers les mauvais, les connards, les salauds, ceux qui se feront un plaisir de m'enfoncer, dans tout les sens du terme. Les personnes qui réfléchissent et me voient comme j'ai été vu il y a trois ans: un vide burne.
J'ai peur de tout maintenant, j'ai de plus en plus de mal à respirer et à accepter d'être regardée. Je détéste cette putain de partie fragile.
La vengeance ne me servirait à rien, le statut de victime non plus, alors je me venge sur moi-même.
Je sais pas où je vais comme ça, ni à quoi cela va me mener.
Pour le moment je ne rêve que d'avoir la paix, d'être normale, de vivre un truc moi aussi, pas forcémment une histoire de contes de fées, pas forémment de l'amour, mais du respect, pour moi et pour les autres. Quelque chose qui m'émanciperais de ma peur et m'aiderais à ne plus suffoquer.
J'ai fais le planning de mon avenir assez étrangement. J'y ai vu du travail et un acharnement professionnel, un enfant que j'aurais adopter seule, un fils. Un bel appart pas loin de Paris et des amies toujours présentes.
Mais jamais de mecs.
Je prends soin des autres à en négliger mon cas.
J'aimerais vraiment avoir une vision différente, je vous le promet. J'aimerais beaucoup ne plus chercher le danger. Mais c'est pas moi qui commande, mais une facette de moi-même, indépendante à la raison.